Pierre REVERDY


Dimanche 3 juin 2007 7 03 /06 /2007 15:18

Une lettre écrite à l'envers
La main qui passe sur ta tête
Et l'heure
Où l'on se lève le matin
Soleil rouillé
Vitre fondue
Nature morte
Le courant d'air ferme ma porte
Et les songes m'ont réveillé

Il y a encore une bougie qui brûle


Pierre Reverdy, Sources du vent, Poésie/Gallimard




Par tissiane (geneviève capelle) - Publié dans : Pierre REVERDY - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Communauté : SOIF DE LIRE...

Mercredi 23 mai 2007 3 23 /05 /2007 00:23


Il y a un terrible gris de pousssière dans le temps
Un vent du sud avec de fortes ailes
Les échos sourds de l'eau dans le soir chavirant
Et dans la nuit mouillée qui jaillit du tournant
des voix rugueuses qui se plaignent
Un goût de cendre sur la langue
Un bruit d'orgue dans les sentiers
Le navire du coeur qui tangue
Tous les désastres du métier

Quand les feux du désert s'éteignent un à un
Quand les yeux sont mouillés comme des
brins d'herbe

Quand la rosée descend les pieds nus sur les feuilles
Le matin à peine levé
Il y a quelqu'un qui cherche
Une adresse perdue dans le chemin caché
Les astres dérouillés et les fleurs dégringolent
A travers les branches cassées
Et le ruisseau obscur essuie ses lèvres molles à peine décollées

Quand le pas du marcheur sur le cadran qui compte
règle le mouvement et pousse l'horizon
Tous les cris sont passés tous les temps se rencontrent
Et moi je marche au ciel les yeux dans les rayons
Il y a du bruit pour rien et des noms dans ma tête

Des visages vivants
Tout ce qui s'est passé au monde
Et cette fête
Où j'ai perdu mon temps

Pierre Reverdy, Sources du vent, Poésie/Gallimard



Par tissiane (geneviève capelle) - Publié dans : Pierre REVERDY - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Communauté : SOIF DE LIRE...

Samedi 11 novembre 2006 6 11 /11 /2006 18:49

NAISSANCE A L'ORAGE

Toute la face ronde
                          Au coin sombre du ciel
     L'épée
                 la mappemonde
sous les rideaux de l'air
      
                                Des paupières plus longues
Dans la chambre à l'envers
                     Un nuage s'effondre

                                La nuit sort d'un éclair


                    Pierre Reverdy , Plupart du temps   Poésie/Gallimard


Par tissiane (geneviève capelle) - Publié dans : Pierre REVERDY - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Lundi 19 juin 2006 1 19 /06 /2006 14:25

 "La place occupée par Pierre Reverdy dans le champ de la poésie française est des plus singulières. Instigateur involontaire d’une véritable révolution interne, il est l’objet d’une vénération, ou du moins d’un respect et d’une déférence, qui ne s’est jamais traduite en densité de lectorat. Les surréalistes en firent l’un de leurs " inspirateurs " ; il tourna le dos à ce statut ainsi qu’aux mondanités qui s’y attachaient. La légende en fait une sorte d’ermite de Solesmes ; il était purement, caractériellement, Languedocien. Il passe pour difficile à lire : nul n’a plus que lui fait acte de transparence."
Pour lire la suite de l'article de Gil Jouanard cliquer ICI


Par siane (geneviève capelle) - Publié dans : Pierre REVERDY - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Jeudi 27 avril 2006 4 27 /04 /2006 00:00

La vitre où quelques gouttes de rosée brillent encore, s'est brisée. Sous la lampe, le livre s'est ouvert sur une page blanche et l'ombre descendue du toit s'est arrêtée. Elle est bien plus grande qu'un homme. Et, dans la chambre basse où l'éclair est passé, une lumière sans pétales tremble encore un peu sur sa tige.

   
             Pierre Reverdy in Sable mouvant Poésie/ Gallimard

Par siane (geneviève capelle) - Publié dans : Pierre REVERDY - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Samedi 15 avril 2006 6 15 /04 /2006 00:03
La poésie n'est certainement pas dans les choses, autrement tout le monde l'y découvrirait aisément, comme tout le monde trouve si naturellement le bois dans l'arbre et l'eau dans la rivière et l'océan. Il n'existe pas non plus, par conséquent,  de choses  ni  de mots  plus poétiques les  uns que  les autres,  mais toutes choses  peuvent  devenir à  l'aide  des  mots  poésie,  quand  le  poète  parvient  à  mettre  son  empreinte  dessus.  La  poésie  n'est  en rien  ni  nulle  part,  c'est  pourquoi  elle  peut  être  mise  en  tout  et  partout.  Mais  rien  ne  s'opère  sans  une  véritable  transmutation des valeurs. Dans l'impuissance à la saisir, à l'identifier où que ce soit, on a préféré déclarer qu'elle régnait partout et qu'il suffisait de savoir l'y découvrir. Or, il est parfaitement évident qu'elle est plutôt une absence , un manque au coeur de l'homme, et, plus précisément, dans le rapport que le poète a le don de mettre à la place de cette absence, de ce manque. Et il n'y a poésie réelle que là où a été comblé ce vide qui ne pouvait absolument l'être par aucune autre activité ou matière réelle de la vie.

 Pierre Revedy in Sable mouvant : Circonstance de la poésie / Poésie Gallimard


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