Dimanche 3 juin 2007
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Une lettre écrite à l'envers
La main qui passe sur ta tête
Et l'heure
Où l'on se lève le matin
Soleil rouillé
Vitre fondue
Nature morte
Le courant d'air ferme ma porte
Et les songes m'ont réveillé
Il y a encore une bougie qui brûle
Pierre Reverdy, Sources du vent, Poésie/Gallimard
Par tissiane (geneviève capelle)
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Mercredi 23 mai 2007
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Il y a un terrible gris de pousssière dans le temps
Un vent du sud avec de fortes ailes
Les échos sourds de l'eau dans le soir chavirant
Et dans la nuit mouillée qui jaillit du tournant
des voix rugueuses qui se plaignent
Un goût de cendre sur la langue
Un bruit d'orgue dans les sentiers
Le navire du coeur qui tangue
Tous les désastres du métier
Quand les feux du désert s'éteignent un à un
Quand les yeux sont mouillés comme des
brins d'herbe
Quand la rosée descend les pieds nus sur les feuilles
Le matin à peine levé
Il y a quelqu'un qui cherche
Une adresse perdue dans le chemin caché
Les astres dérouillés et les fleurs dégringolent
A travers les branches cassées
Et le ruisseau obscur essuie ses lèvres molles à peine décollées
Quand le pas du marcheur sur le cadran qui compte
règle le mouvement et pousse l'horizon
Tous les cris sont passés tous les temps se rencontrent
Et moi je marche au ciel les yeux dans les rayons
Il y a du bruit pour rien et des noms dans ma tête
Des visages vivants
Tout ce qui s'est passé au monde
Et cette fête
Où j'ai perdu mon temps
Pierre Reverdy, Sources du vent, Poésie/Gallimard
Par tissiane (geneviève capelle)
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Samedi 11 novembre 2006
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NAISSANCE A L'ORAGE
Toute la face ronde
Au coin sombre du ciel
L'épée
la mappemonde
sous les rideaux de l'air
Des paupières plus longues
Dans la chambre à l'envers
Un nuage s'effondre
La nuit sort d'un éclair
Pierre Reverdy , Plupart du temps Poésie/Gallimard
Par tissiane (geneviève capelle)
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Lundi 19 juin 2006
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14:25
"La place occupée par Pierre Reverdy dans le champ de la poésie française est des plus singulières. Instigateur involontaire d’une véritable révolution interne, il est l’objet d’une vénération, ou du moins d’un respect et d’une déférence, qui ne s’est jamais traduite en densité de lectorat. Les surréalistes en firent l’un de leurs " inspirateurs " ; il tourna le dos à ce statut ainsi qu’aux mondanités qui s’y attachaient. La légende en fait une sorte d’ermite de Solesmes ; il était purement, caractériellement, Languedocien. Il passe pour difficile à lire : nul n’a plus que lui fait acte de transparence."
Pour lire la suite de l'article de Gil Jouanard cliquer ICI
Par siane (geneviève capelle)
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Jeudi 27 avril 2006
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La vitre où quelques gouttes de rosée brillent encore, s'est brisée. Sous la lampe, le livre s'est ouvert sur une page blanche et l'ombre descendue du toit s'est arrêtée. Elle est bien plus grande qu'un homme. Et, dans la chambre basse où l'éclair est passé, une lumière sans pétales tremble encore un peu sur sa tige.
Pierre Reverdy in Sable mouvant Poésie/ Gallimard
Par siane (geneviève capelle)
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Samedi 15 avril 2006
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La poésie n'est certainement pas dans les choses, autrement tout le monde l'y découvrirait aisément, comme tout le monde trouve si naturellement le bois dans l'arbre et l'eau dans la rivière et l'océan. Il n'existe pas non plus, par conséquent, de choses ni de mots plus poétiques les uns que les autres, mais toutes choses peuvent devenir à l'aide des mots poésie, quand le poète parvient à mettre son empreinte dessus. La poésie n'est en rien ni nulle part, c'est pourquoi elle peut être mise en tout et partout. Mais rien ne s'opère sans une véritable transmutation des valeurs. Dans l'impuissance à la saisir, à l'identifier où que ce soit, on a préféré déclarer qu'elle régnait partout et qu'il suffisait de savoir l'y découvrir. Or, il est parfaitement évident qu'elle est plutôt une absence , un manque au coeur de l'homme, et, plus précisément, dans le rapport que le poète a le don de mettre à la place de cette absence, de ce manque. Et il n'y a poésie réelle que là où a été comblé ce vide qui ne pouvait absolument l'être par aucune autre activité ou matière réelle de la vie.
Pierre Revedy in Sable mouvant : Circonstance de la poésie / Poésie Gallimard
Par siane (geneviève capelle)
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